« Vous avez raté votre vie ? Avec nous, vous réussirez votre mort ! ». Alléché par cette baseline cynique, j’ai attaqué le livre de Jean Teulé plein d’espoir, persuadé que la littérature restait seule à pouvoir évoquer un sujet comme la mort de façon décalée et drôle.
Parce qu’il y a de moins en moins d’endroits où on peut rire de tout…Plus dans les journaux, où les caricatures (de Mahomet ou d’Elkabach) sont conspuées par les ayatollahs de la liberté comme par les intellectuels de la religion du croissant…Plus au cinéma, où la mort est banalisée, où une étude a montré récemment que Stallone avaient fait plus de victimes que les évènements du 11 septembre (la comparaison est limite, je l’avoue…). Plus à la télé, où le cynisme a disparu depuis que Baffie n’en fait plus. Parce qu’écouter les vannes ratées de Guillon, N’Gijol, ou Eboué, ça donne envie d’entrer dans une boutique pour s’acheter une corde et se pendre…on en revient donc au magasin des suicides…
L’idée est maline : une boutique vend des accessoires pour se donner la mort. La famille qui tient cette échoppe, les Tuvache, a des faux airs de famille Adams. Mais contrairement à ces derniers, point de second degré dans ce récit, pas d’éloge de la cruauté, rien. Plutôt un esprit Bisounours quand le dernier de la famille, qui contrairement à son frère et sa sœur, est de nature optimiste, va transformer la boutique en crêperie et montrer à tous combien la vie est merveilleuse…
Restent quelques idées de mort savoureuse : créer un parc d’attraction, avec un grand 8 dont les rails s’achèveraient en plein milieu du looping, un château hanté dont personne ne sortirait vivant, des pommes d’amour empoisonnées, un saut à l’élastique avec de la vraie corde, etc.
Le magasin des suicides de Jean Teulé ne changera donc pas votre vie. Mais si vous avez des envies, ce livre peut vous donner des idées pour vous donner la mort.
J'ai rarement autant ri en lisant un site web. Le principe de viedemerde.fr, c'est de raconter une anecdote, en commençant par "aujourd'hui" et en finissant par "vie de merde". Je ne sais pas si tout ça s'est vraiment passé, mais voici quelques exemples :
Je me souviens de la première fois que je l'ai acheté : c'était à un kiosque à journaux, rue de Rivoli. Derrière le plexiglas de la boutique, j'avais remarqué la couverture du numéro 1 : une
photo de Thierry Roland et un sujet - déjà - polémique sur l'utilité des commentateurs sportifs en général, et de ce vieux papy un peu facho en particulier.
So Foot est né au moment où j'ai démarré ma carrière de journaliste et on peut dire qu'il aura eu plus de réussite que moi, puisque celle-ci s'est achevée après quatre ans d'existence seulement. Tu parles d'une vocation !
Il n'empêche : dès le second numéro, je me suis débrouillé pour participer à une réunion de rédaction. A l'époque, ça se passait à l'Apparemment café, ou dans le deux pièces - on s'entassait à dix - de Franck Annese, le rédacteur en chef-gourou du mag. Au sortir de ma première réunion, j'avais eu la sensation jouissive de trouver enfin des gens qui partageaient leur passion du foot de la même façon que moi. On avait les mêmes références, les mêmes réfléxions sur le jeu, les mêmes critiques par rapport à la manière dont les autres journaux parlaient de ce sport, de notre sport.
J'ai participé pendant trois ans à la formidable aventure So Foot, de façon plus ou moins impliquée. Mon premier gros papier fut une interview croisée entre Daniel Cohn-Bendit et Gernot Rohr sur les points communs et différences entre foot français et foot allemand. J'ai également eu l'honneur d'être rédac' chef d'un supplément jeu vidéo que j'ai encore à la maison...
Aujourd'hui, So Foot fête ses cinq ans. Je n'y écris plus depuis une ou deux années, mais Franck a laissé mon nom en tête du comité de rédaction. Ce gars-là est un génie. Capable de tout faire mieux que n'importe qui, avec une intelligence et une humilité exemplaires. Une vraie belle rencontre.
So, happy brithday to my favorite mag !
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