En théorie, How i met your mother raconte comment Ted Mosby, le personnage principal, a rencontré la mère de ses enfants
(comme l'indique clairement le titre, vous me direz). Sauf que ce n'est pas vraiment le cas. Et que même si ça l'était, tout le monde s'en foutrait, car le vrai personnage principal de la série
s'appelle Barney, et que la seule question que se posent les fans de la série chaque semaine est : quelle théorie va encore inventer "the awesome guy" pour séduire les femmes et montrer à ses amis
que sa vision du monde est la bonne : les amis avant tout (il a écrit le Bro' Code qui institue les lois que doivent respecter des potes entre eux) et le sexe avant les amis. A côté de lui, le Joey
de Friends apparaît comme un piètre dragueur. Et les autres n'existent même pas. Une petite scène de séduction, pour l'exemple :
Il y avait Marcel Beliveau. Il y avait Pascal Sellem. Aujourd'hui, il y a Bouygues Telecom. BT invente le concept des
"clients-mystères-qui-viennent-piéger-les-vendeurs-et-diffusent-la-vidéo-sur-wat-juste-après"...et ça marche plutôt...un milliardaire, un rappeur, des bimbos, et un making-of qui PROUVE que la
caméra cachée n'est pas truquée...
…J'ai vu « Les temps changent », le docu-fiction d’anticipation diffusé sur France 2.
J’avoue que je l’ai suivi en diagonale, parce que PSG/Bordeaux, parce que mon fils pleurait dans mes bras et ne voulait pas lâcher mon petit doigt, parce que ma belle-mère, parce que. Toutefois,
deux ou trois détails m’ont frappé sur le monde en 2075 décrit ici : la Russie et le Canada deviennent des pays chauds, la plupart des espèces animales disparaissent, de même que les routes, qui
n’ont plus d’utilité depuis qu’il n’y a plus de pétrole, donc plus de voiture. Surtout, les scénaristes ont essayé d’imaginer à quoi ressemblerait l’immigration dans le futur : en Afrique, où la
sécheresse rendrait les conditions de vie encore plus difficiles qu’aujourd’hui (oui oui, c’est possible), les populations auraient l’opportunité de se rendre dans des centres de recherche
financées par l’Europe, où on leur ferait passer une batterie de tests pour juger de leurs qualités. Les meilleurs seraient sélectionnés pour se rendre sur le vieux continent et y travailler, les
autres seraient parqués dans des Guantanamo aux noms moins cubains mais aux méthodes tout aussi barbares que celui d’aujourd’hui. Petit détail : ceux qui auraient la « chance » de venir travailler
chez nous seraient sommés de porter une chemise blanche brodée d’un code barre et d’un numéro…Je suis sur que les téléspectateurs africaines francophones de France Télévisions auront apprécié de
savoir que leurs enfants redeviendraient des esclaves…s’ils réussissent les tests proposés par les gentils blancs.
En ce moment, c’est la grande mode des docu-fiction d’anticipation. Quand le monde va mal, on a besoin de savoir à quoi ressemblera demain. Comme la plupart des téléfilms diffusés jusqu’ici sur
notre avenir sont plutôt alarmants (la semaine dernière, TF1 diffusait le même genre de format, avec un raz-de-marée pour nous punir de nos mauvaises actions contre la planète), le moral des
ménages ne s’améliore pas.
A l’époque où je bossais chez Endemol, j’avais proposé un divertissement qui se déroulerait en 2050. Présenté par un Nagui croulant, il récapitulerait les succès et les échecs musicaux et
artistiques de cette moitié de siècle, en se projetant sur les carrières de nos stars actuelles (Christophe Maé devient le Johnny de nos enfants devenus vieux, le record de Bienvenue chez les
Ch’tis est battu par le 12ème épisode d’Asterix et Obelix, Arthur est devenu ministre de la culture, etc). L’idée n’avait pas été conservée…Au moins, on pouvait anticiper sans
déprimer…
...j’ai vu la seconde partie de « Abolition » plutôt que Koh-Lanta. D’abord parce
que je n’ai jamais accroché à cette version ultime de la télé-réalité, qui met en exergue l’animalité de l’homme, son égoïsme, son génie pour les coups bas et les fourberies. La seule émission de
télé-réalité que j’attends chaque année avec impatience, c’est Pékin Express…
« Abolition » donc, dont je n’avais point vu la première partie la semaine dernière, pour cause d’à priori négatif et pas très malin sur les téléfilms français, surtout quand ils sont diffusés sur
le service public. « Abolition », qui raconte comment la peine de mort a disparu en France, et surtout grâce à qui : le brillant avocat Robert Badinter, interprété brillamment par Charles
Berling.
Curieusement, les téléfilms français les plus réussis sont souvent ceux qui racontent un fait historique, une période. Ces derniers temps, beaucoup ont abordé le début des années 80, la victoire de
Mitterand, sous des angles complètement différents : celui d’une jeune chanteuse « kleenex », mélange de Lio et Catherine Ringer, dans « Rien dans les poches » de Canal + ; celui de la
promotion Voltaire de l’ENA dans « L’école du pouvoir » ; celui, hier soir, de l’Histoire avec un grand H et un grand homme : Robert B.
Au contraire, d’autres téléfilms, 100% fiction, comme « Les corbeaux » récemment, sont d’une catastrophique mise en scène. La tension, l’action, l’émotion : rien n’y est. On est plus accroché
par un bon vieil épisode des « Vacances de l’amour » le samedi après-midi.
La fiction française devrait sans doute se concentrer sur ce qu’elle sait faire et laisser aux américains le terrain de la série au sens noble du terme. D’ailleurs, pour les téléchargeurs
invétérés, avec Lost, 24, How I met your mother, Damages, et autres Heroes, il y a de quoi passer la fin de l’hiver au chaud…
Comme une longue page de publicité qui prend fin, la trêve hivernale va laisser sa place ce week-end à la seconde partie
du feuilleton trépidant de la Ligue 1. Nous ne saurons qu’en mai si le fragile suspense qui semble s’être emparé de notre championnat au mois de décembre était justifié ou pas. Pour l’instant, on
le doit plus à la baisse de régime des Gones qu’à une véritable prise de pouvoir et hausse de niveau de ses poursuivants, qu’ils se nomment Marseille ou Bordeaux. Alors, qui sera champion de France
à la fin de la saison ? Voici mon classement :
Cinquième : Bordeaux
Gourcuff était la bonne surprise de cette première moitié de championnat. Saura-t-il confirmer ? Pas si sur. Le joueur sera plus attendu en cette rentrée, et devra faire face à la pression qui
entoure ceux dont on espère beaucoup : critiques de la presse au moindre faux-pas, rumeurs de transfert, etc. Gouffran étant lui en méforme totale, le fils de Christian Gourcuff ne pourra pas
hisser à lui seul (avec l’aide des buts de Cavenaghi, mais pas ceux de Chamakh, qui marque autant qu’un défenseur central) les Girondins au sommet de la Ligue 1. Par ailleurs, l’équipe de Laurent
Blanc manque d’un banc digne de ce nom. Au moindre titulaire blessé, c’est l’équilibre du onze qui en prend un coup.
Quatrième : Rennes
Rennes n’a plus perdu depuis dix sept matchs. Rennes a une équipe de costauds, très physique, avec des profils parfaitement adaptés aux combats de la Ligue 1. Rennes a un super entraineur,
exigeant, charismatique, qui ne laissera pas de jeunes espoirs prendre le melon. Mais Rennes n’a pas suffisamment de talent pour terminer sur le podium. En atteignant la quatrième place, elle
touche à ses limites.
Troisième : Lyon
Surprenant, n’est-ce pas ? Tout le monde est persuadé que Lyon va se faire humilier par le Barça et pourra se concentrer ensuite sur SON championnat, mais je parierai le contraire. Les meilleures
équipes d’Europe en novembre remportent rarement la Champion’s League en mai (demandez à Arsène Wenger ce qu’il en pense). Le Barça est certes très impressionnant, mais Puel va lui opposer un
véritable mur défensif dont il a le secret, et je ne serais pas étonné que l’ensemble des deux confrontations se solde par un 0-0, puis 1-0, coup-france de Juninho à Gerland. Les Gones se sont
entraînés toute la première partie de la saison à tenter des exploits (Fiorentina, Bayern, Nice…). Cette année, ils sont prêts à en réaliser un…Au final, leur surprenante qualification pour,
peut-être les demi-finale de la Ligue des Champions, leur coûtera leur titre et leur égémonie sur le pays. Du coup, qui va les remplacer ?
Deuxième : Marseille
L’équipe qui avait démarré le championnat en trombe a terminé sur les rotules. La fatigue a mis en exergue l’incroyable déséquilibre de cette équipe, suréquipée en mini-dribbleurs et désertée en
tueurs de surface. La défense inquiète aussi. Le retour de Rodriguez devrait remettre un peu d’ordre dans tout ça. Surtout, c’est le niveau de Cana qui sera déterminant dans le retour en forme de
l’OM. A quelques exceptions près, les matchs du capitaine ont été extrêmement décevants. S’il retrouve son meilleur niveau, les milieux offensifs pourront reprendre leur show et faire très mal aux
défenses de Ligue 1. Enfin, on attend beaucoup de Ben Arfa. En quelques mois, le prodige a plus appris qu’en plusieurs années à Lyon. Maintenant, il peut éclater. Si c’est le cas, le titre se
jouera à un cheveu avec…le PSG.
Champion : le PSG
Le PSG vient de prouver que de bons résultats ne sont pas le fait de la tactique, de l’entraîneur, de l’environnement. Ils sont le fait de l’excellent recrutement réalisé cet été. Hoarau et
Sessegnon sont deux perles que Paris revendra très cher dans une ou deux saisons. Giuly et Makélélé apportent de la sérénité. Rothen est le joueur auquel il faut se référer pour visualiser le
changement de niveau de l’équipe. L’an passé, il surnageait au milieu du marasme d’un onze complètement perdu. Aujourd’hui, c’est lui qui coule et qui a du mal à suivre le rythme des autres. A
condition de ne pas perdre l’une de ses autres pièces maîtresses, le PSG a les moyens de remporter, enfin, le championnat, et de mettre fin à l’hégémonie des Gones. En terme de Président, pas sur
qu’on gagne au change avec Villeneuve à la place d’Aulas, mais bon…
Classement final :
1. PSG
2. OM
3. OL
4. Rennes
5. Bordeaux
6. St Etienne
7. Nice
8. Toulouse
9. Monaco
10. Le Mans
Commentaires