Les Anglais ont le fighting spirit. Les Italiens le culte de la victoire à tout prix. Les Allemands « gagnent toujours à la fin » disait Gary Lineker. Et les Français ? Apôtre du beau jeu, les Bleus sont toujours les « perdants magnifiques » de toutes les disciplines. Seule exception notable : la génération de Zidane, élevée au grain dans le Calcio, seule capable de faire fi de la qualité de jeu pour devenir une machine à broyer les adversaires. Zinedine était l’arbre – certes magnifique – qui cachait la forêt de joueurs défensifs de l’équipe : trois récupérateurs monstrueux à passer –Deschamps, Karembeu, Petit – puis la meilleure défense du monde, et enfin le meilleur gardien français de tous les temps, Fabien Barthez. De la même façon, les scénarii des deux finales remportées par ce groupe masquent dans l’histoire l’ennui suscité par le jeu de cette équipe construite pour détruire le jeu de l’adversaire. Un 3-0 contre le Brésil, et un final en or face à l’Italie, mais des matchs nuls sans relief et des victoires étriquées et souvent chanceuses (demandez au portugais ce qu’ils pensent de la France) pour en arriver là. Et même cette équipe de winner est tombé dans le panneau, s’effondrant lamentablement en 2002 et en 2004, avant de revenir au sommet pour un dernier baroud d’honneur en 2006. Cette dernière Coupe du monde résume à elle seule l’ambigüité de cette équipe, parvenant à forcer sa nature pour se hisser en finale, avant de se laisser submerger par l’émotion et la provocation face aux Italiens, tout heureux de retrouver face à eux des hommes et non les machines qui les écartaient à chaque compétition officielle ces dernières années.

Même si Zidane est un joueur magnifique, Platini aura toujours la faveur des français. Platini et son talent magnifique, qui n’aura remporté que des titres anecdotiques comparés au génie romantique qui se dégageait de son jeu et de l’équipe de France de cette époque. On se souvient tous, avec douleur et nostalgie, de ces deux défaites face aux allemands, qui résonnent comme des métaphores de l’histoire et de ces déculottées militaires de la seconde guerre mondiale.

Quid des autres sports ? Les champions français n’en sont pas vraiment. Au tennis, on loue le talent des Mauresmo, Gasquet, Mathieu, ou Tsonga, capables de battre les meilleurs dans un bon jour, et de s’effondrer lamentablement si ils ne sentent plus aimés. Aux J.O de Pékin, Ladji Doucouré parviendra-t-il à réitérer son exploit mondial d’il y a quelques années ? Toujours placés, jamais premiers, les français sont les adversaires idéaux : suffisamment doués pour rendre le duel passionnant, mais incapables de transformer leur talent en coupes et en médailles. Le basket en est la parfaite illustration : sur le papier, le cinq des Bleus est certainement le plus talentueux d’Europe, doté de joueurs NBA confirmés. Ils forment en plus ensemble une bande de copains qui a grandi ensemble depuis l’adolescence. Mais on ne les verra pas aux Jeux olympiques, car cette équipe imbattable sur le papier a lamentablement échouée dans les matchs de qualification.

Pour revenir au football, le PSG et l’OM sont de parfaits exemples de cette caricature du mental friable des sportifs français, capables du meilleur comme du pire. Au contraire, Lyon est pour moi un club français contre-nature : Aulas a bâti son club patiemment. Supérieure à toutes les autres équipes en France, elle se montre incapable du moindre exploit en Ligue des Champions, contrairement à Marseille qui peut aller battre Liverpool à Anfield et perdre contre Carquefou. La preuve que Lyon est un club contre-nature en France ? Malgré les 7 titres consécutifs des Gones, sa côte de popularité ne décolle toujours pas…Si les sportifs français sont des losers, c’est sans doute parce que le public tricolore aime ça…


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