Avant toute chose, je parle ici de la série et pas du film, dont on m’a dit qu’il durait 2h20, argument suffisant pour que je ne m’approche d’une salle de cinéma tant qu’il sera à l’affiche. Vous l’aurez compris : je ne comprends pas l’engouement des filles autour de cette série. Comment une femme du vingt et unième siècle peut s’identifier un instant à l’un de ces 4 personnages et ne pas se révolter devant une vision si « masculine » de sa condition ? Pour bien comprendre, reprenons les personnages un par un :

Miranda: la caution « Sex » de Sex in the city. Nymphomane quarantenaire, allergique à l’engagement et à toute forme de sentiment amoureux, Miranda a tout de la caricature du mec macho. Le fantasme du féminisme, au fond, serait-il d’avoir des couilles ?

Amanda : Working girl obsédée par sa réussite professionnelle, Amanda est en concurrence frontale avec les hommes au quotidien, et ne peut donc leur accorder qu’une confiance limitée. Amanda ne cherche pas l’amour, elle cherche un distributeur de spermatozoïde.

Charlotte : Contrairement aux autres, Charlotte baigne encore dans l’illusion de l’homme idéal et du chevalier courageux qui vient épouser la princesse…Elle finit par trouver celui qui concentre toutes les qualités qu’elle recherche : beau, distingué, riche…Ironie de l’histoire : il n’a jamais envie de faire l’amour. Objets sexuels, banques du sperme, ou impuissants : est-ce vraiment la panoplie de l’homme du XXème siècle ?

Carrie : à la recherche de l’amour, mais essentiellement pour des raisons professionnelles : Carrie écrit des chroniques sur le sujet. Elle a donc une forte tendance à « intellectualiser » tous ces tracas quotidiens. Exemple : Big reluque une autre fille au restaurant ? Elle tapote aussitôt sur son Mac : La polygamie est-elle naturelle chez l’homme ? Big annule leur dîner en amoureux ? Le lendemain, on a droit à un sujet sur les hommes et leurs problèmes d’engagement ? Entre deux questions d’anthropologie sexuelle, la demoiselle fait du shopping. Quand elle a un chagrin, elle se paye des Jimmy Choo. Une rupture ? Un sac Prada. Une nouvelle aventure ? Une robe Dolce Gabbana. Pour faire ma Carrie, la morale de Sex in the City est-elle que le shopping est la seule thérapie aux maux de notre époque ?

Lors de la première saison, HBO a fait croire au public  que Sex in the City serait une série novatrice, où des filles de New-York allaient enfin parler de cul, des vrais problèmes des femmes dans la société d’aujourd’hui, etc. Mais derrière cette façade moderniste, se cache pour moi un discours réducteur et assez réactionnaire, qui dresse un portrait réducteur des femmes d’aujourd’hui en les faisant passer pour des êtes matérialistes, superficielles, et désenchantées.


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