Journal de guerre n’est pas un énième essai sur la guerre au Proche-Orient. Son auteur, Noam Ohanna, n’est pas un éminent spécialiste de la question, ni un politicien de la région, ou encore un journaliste d’investigation chevronné. Noam est français, a trente ans, et raconte comment il est passé des bancs de Sciences-Po aux rangs de Tsahal. On pourrait comparer son expérience à celle d’Arno Klarsfeld qui, il y a trois ans, avait décidé de s’engager dans l’armée israélienne pour témoigner ensuite de son expérience dans un livre que j’avais beaucoup aimé à l’époque, Israël Transit. Curieusement, les deux récits sont complètement différents et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, Noam Ohanna a mon âge. La seule guerre israélienne qu’il n’ait jamais connu est l’Intifada. Ses parents sont des juifs marocains aussi traditionnels que traditionnalistes. Contrairement au fils Klarsfeld, le jeune soldat n’a pas été élevé dans le culte de l’engagement, dans la défense des intérêts et de la reconnaissance du judaïsme, dans la nécessité de l’Etat Hébreu comme dernier bastion de protection pour un peuple toujours en proie à l’antisémitisme. Ce science politicien qui deviendra plus tard consultant pour un fonds d’investissement new-yorkais n’a connu que l’antisionisme primaire d’étudiants de gauche, pourfendeurs des intérêts palestiniens envers et contre tout : Quelle est ta position sur le Proche-Orient lui demande-t-on un jour ? Une terre pour deux Etats, répond-il pacifiquement. Une terre pour un Etat, lui renvoie-t-on, sous-entendant la seule existence de l’Etat palestinien. Ce sont ces petites détails de la vie quotidienne, ajoutés aux petits détails de l’actualité de l’époque (synagogues et écoles brûlées dans toute la France, agressions sur de jeunes juifs, etc.), ajoutés aux petits détails de désinformation de la presse française, franchement pro-arabe, qui ont conduit Noam Ohanna à tenter de s’engager dans l’armée israélienne pour défendre son pays et participer à « sa guerre ». Commence alors le récit de sa difficile intronisation dans l’armée, des différentes épreuves de passage pour entrer dans la Sayeret, l’unité d’élite des parachutistes, des mois d’entraînement, et finalement des missions à Naplouse et Gaza…Evidemment, son récit est lui aussi subjectif : l’auteur est un grand défenseur de l’Etat d’Israël. Ce qui est intéressant, au delà de la lecture de missions à travers un regard français, est dans la comparaison de ce que le jeune garçon vit avec la retranscription des faits qu’il lit dans la presse française. Seule compte la douleur palestinienne. Seuls sont recensés les morts palestiniens. Sont omis tous les détails qui pourraient donner des enfants d’Arafat une image barbare ou révoltante. Pour toutes ces raisons, le journal de guerre de Noam Ohanna est instructif, bien écrit, et vaut lecture pour tous ceux qui sont intéressés par ce conflit sans fin et veulent lire une vision à la fois occidentale et pro-israélienne. 


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