Alexandre Jardin est un personnage que l’on aime imaginer atypique, rieur, bon vivant, jamais avare d’une histoire incroyable dont on ne sait si elle sort tout droit de son imagination ou de son
quotidien peu routinier. Depuis le temps que cet auteur décalé nous parle d’histoires d’amour et de familles improbables, ce recueil de portraits des femmes qui ont changé le cours de sa vie
paraît cohérent. Certains de ces récits sont d’ailleurs drôles et déroutants. L’auteur a le talent de nous emmener sur des chemins que le formatage de la société nous a déshabitué à prendre. Il
n’empêche que l’ensemble reste à la fois pompeux et peu intéressant. La mère Jardin, notamment, que son fils tente vainement de mettre sur un piédestal, sans doute pour rééquilibrer les choses
après les odes écrites à son père dans ces précédents romans, ennuie à force de répétition. Alexandre tente de nous raconter la même morale anti-morale apprise de la bouche et des actes de sa
génitrice, six ou sept fois dans le livre, en changeant à chaque nouveau chapitre d’époque et de vocabulaire. C’est insuffisant pour ne pas qu’au bout d’une centaine de pages, le rythme
s’essoufle, et qu’on attende impatiemment la fin, avec l’infini espoir de retomber sur une petite pépite, et la secrète attente de pouvoir passer à un nouvel ouvrage.
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