En ce moment, je cherche un appartement. Petite précision : je cherche un appartement SUR PARIS. Ce détail n’est pas anodin, je m’en rends compte chaque jour un peu plus. Au départ, plein de bonne volonté, je voulais acheter. Après tout, je ne gagne pas si mal ma vie, et tout le monde me rabache sans cesse qu’il faut acheter avant trente ans, que l’immobilier a baissé, que le meilleur investissement, c’est la pierre, etc, la litanie habituelle des banalités sorties dans les diners quand le marronnier de l’immobilier ressort entre fromage et dessert.

Je prends donc rendez-vous chez mon banquier, qui me connaît depuis des années, et lui explique mes projets. Et pour la première fois depuis le début de notre relation, je le vois sourire, que dis-je, rire aux éclats, en lui exprimant ma volonté d’acquérir un trois pièces dans la capitale. Reprenant avec difficulté son sérieux, il me répond : primo, vous n’avez pas d’apport. Deuxio, la durée de nos prêts n’excède pas trente ans. Or, il vous en faudrait sans doute dix de plus pour devenir propriétaire, et encore,  dans moins de cinquante mètres carrés. « En revanche, reprend-il, pour la banlieue, nous avons des taux d’intérêts très intéressants… » Du coup, j’ai acheté. Une polo. En banlieue.

Vu que la propriété m’était refusée, restait à me rabattre sur la location. J’ai trainé des heures sur pap, seloger, explorimmo, entreparticuliers, et autres sites remplis d’annonces aguicheuses de trois pièces « très bien agencés », « ensoleillés », « refaits à neuf », « idéal pour jeune couple », etc. La visite est en général le temps de la révélation, comme, j’imagine, quand on drague une fille sur meetic, et qu’on la rencontre pour la première fois. A ce moment, souvent, on se rend compte qu’elle sait se servir de Photoshop…

Quelques annonces parvenant tout de même à passer entre les mailles du filet de mes critères, je dépose un dossier. Et là, c’est le drame. Primo, il faut gagner plus de trois fois le montant du loyer. Un trois pièces se situe en général aux alentours de 1500€. Il faut donc gagner au minimum 4500€ nets d’impôts. Mais ce n’est pas tout. Il faut également être en CDI, évidemment, mais surtout être en CDI depuis plus d’un an. Autrement, il faut avoir un garant, qui lui aussi gagne plus de trois fois le loyer. En résumé, pour vivre dans la capitale, il faut être bourgeois, installé, et fils de bourgeois installé. Louer  est devenu quasiment aussi compliqué qu'acheter. Tout ceci me rappelle le sketch de Patrick Timsit sur les petites annonces immobilières. Le revoir me donne du baume au coeur...





Patrick Timsit Au Palais Des Glaces 2
envoyé par heyblondin

PS : Je précise que dans le Top 5 de mes humoristes préférés, Patrick Timsit arrive largement en tête. Je préfère ses pics provocatrices et cyniques aux vannes drôles mais trop lisses à mon goût de Gad Elmaleh ou Jamel Debouzze, qui arrivent respectivement second et troisième, juste devant Florence Foresti, dont je ne me lasse pas de revoir le spectacle en DVD. En cinquième, je fais un pari : Tomer Sisley. Durant son spectacle, je pleurais de rire. Il n'est bien évidemment pas au niveau des autres, mais encore jeune...Ce classement ne tient évidemment pas compte des humoristes morts et/ou américains...

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