Je suis passionné de sport. J’estime l’être. Dans l’ordre, le classement des sports et des championnats que je suis avec attention : 1/ La ligue 1 2/ Les
autres championnats de foot étranger (espagnol, anglais, italien, allemand) 3/ Les Bleus en général (au foot évidemment mais aussi pour tous les gros évènements type coupe du monde) 4./ Le tennis
5/ La NBA 6/ La Formule 1.
Je suis passionné de sport. J’estime l’être. La preuve ? Je suis abonné à l’Equipe. Ma femme se fout même de ma gueule : pour elle, le
quotidien est le prolongement naturel de mes bras. Autrement dit, je l’ai toujours à la main. Je le lis tous les matins dans le métro, ou au café quand je n’ai pas terminé un article ou que je
n’ai pas envie d’aller travailler. J’ai déjà croisé le gars qui me le livre tous les matins dans ma boîte aux lettres, vers 5h30. Pour moi, le sport, c’est de la littérature. Des mots et des
statistiques. Des noms et des scores.
Voilà que débarquent les Jeux olympiques et sa cohorte de sports invraisemblables qui n’ont droit qu’à des encarts le reste de l’année et qui
aujourd’hui font la Une. Et pas seulement celle de l’Equipe, mais aussi celle des autres quotidiens…L’escrime, le judo, la natation, le canoë kayak…autant de disciplines impopulaires où,
évidemment, les français sont les plus forts, puisque personne d’autre n’a envie de les pratiquer. Par exemple : la marche à pied. Vous l’avez vu, notre champion là, Diniz, marcher comme s’il
avait une furieuse envie de pisser pendant cinquante kilomètres ? Le mec qui a inventé ce sport, il voulait faire une blague non ? « Il faudra aller le plus vite possible…mais sans courir ! »
Evidemment, Diniz est super fort ! En revanche, sur 100 mètres, y’a plus personne. Si, Pognon chez les hommes et Arron chez les dames. Qui en sont encore à tenter de se rapprocher des dix
secondes alors que tout le monde est en dessous.
Hier, j’ai tenté de suivre la compétition. J’ai commencé, de bon matin, avec le judo. Impossible de comprendre ce qui se passe sur le tatami.
Le seul coup que j’ai bien aimé, c’est la balayette. Mais dès que David Douillet criait « Ippon ! » dans son micro, je me demandais ce qui se passait. Il gagne vraiment là, le français ? Mais il
est en dessous de l’autre non ?
J’ai aussi suivi Laure Manaudou, qui de toute évidence, nage avec tout le poids de ces photos dénudées sur le dos…
Enfin, il y eut l’escrime, et cette impression de voir des sauterelles masquées tenter de se toucher en faisant de petits bonds sur le
côté…
Malgré cette mauvaise foi qui s’expliquait aussi par le fait que dehors, il pleuvait en plein mois d’août, j’avoue qu’on se prend assez vite
au jeu, même lorsqu’on ne maîtrise pas vraiment les règles du sport qu’on regarde. La fierté qui se lit dans le regard de tous ces sportifs qui représentent leur pays fait plaisir à voir, et nos
footballeurs feraient bien d’en prendre de la graine lorsqu’ils enfileront le maillon bleu, la prochaine fois. Tous ces athlètes vivent un rêve de gosse et ça se voit. Quand l’un d’entre eux
monte sur le podium pour recevoir sa médaille, on ne peut pas s’empêcher qu’il vit un moment de sa vie incroyable, et qu’il est en train de marquer l’histoire de son sport et du sport français en
général. Dans dix ans, il pourra ressortir sa breloque, la montrer à ses enfants, et ça signifiera quelque chose pour eux. Quelque chose d’universel.
Je suis passionné de sport. Je vous l’avais dit…
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