Je n’ai pas vu « Dans la peau de Jacques Chirac », le précédent docu-fiction de Karl Zéro. Et pour tout dire, je n’étais pas spécialement fan du personnage avant d’assister à cette projection privée de W, son nouvel opus, que l’on projetait en avant-première pour les blogueurs influents dont j’étais entouré (et dont je ne suis pas, évidemment, avec mes quarante lecteurs quotidiens, dont fait d’ailleurs partie mon patron, que je salue au passage…).

Karl et son tutoiement avec les politiques représentaient pour moi l’entrée de ceux-ci dans l’ère de la communication de proximité, calculée, cynique, encore plus mensongère que celle qui consistait à ne pas répondre aux questions en utilisant un vocabulaire inconnu de la majeure partie des français.

Malgré tout, le sujet Bush faisant l’unanimité en France, je m’attendais à un pensum virulent, à un compte-rendu cynique de ces huit années de bushisme-boucherie. Finalement, non. George W. apparaît comme un personnage sympathique, drôle, plutôt intelligent, en tous les cas bien loin de la caricature que l’on en fait en France.


Première réaction, bien française : comment peut-on dépeindre cette ordure comme un personnage aussi attachant ? Zéro a-t-il à ce point le sens du contre-pied qu’il est prêt à faire passer ce diable pour un ange ?

Et puis…Karl a répondu aux questions de l’assistance. Et là, j’ai compris. Contrairement à un Michael Moore qui, sous prétexte de juger les actions d’un président et de son gouvernement, juge un homme, Karl Zéro joue la carte du portrait sans la fonction. Et sous cet angle, c’est vrai, George est un gars bien. Sous cet angle également, on comprend mieux pourquoi des millions d’américains l’ont élu deux fois à la tête de leur pays. Comparés au moralisateur Al Gore et au sinistre John Kerry, les US ont fait le choix de l’entertainment.


La conclusion de Karl Zero traduit également notre méconnaissance de l’Amérique : pour
lui, il ne fait aucun doute que Mc Cain va remporter les prochaines élections. J’ai beaucoup aimé sa vision de Barack Obama : « le meilleur Président US pour le reste du monde ». La semaine prochaine risque en effet de laisser à l’Europe et au reste du monde un goût amer…



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