Quand on a dit que Slam est un livre de skateur et d’adolescent, on a dit le principal, et pourtant on a rien dit. Slam est un livre sur l’adolescence en Angleterre aujourd’hui, sur les rapports entre filles et garçons, sur le sexe à quinze ans, sur les filles mères et les parents enfants, sur l’avortement, sur ces dommages collatéraux de l’alcoolisme qui s’abattent sur l’île d’Albion comme un fléau depuis quelques années et menacent notre hexagone si les jeunes d’ici prennent les mauvaises habitudes des jeunes de là-bas (beuveries, sexe non protégé, etc).

Slam raconte l’histoire d’un jeune garçon, Sam, qui vit seul avec sa mère et qui, en guise de père, s’est trouvé Tony Hawk, le plus grand skateur de l’histoire, dont il connaît par cœur l’autobiographie, et avec qui il discute tous les jours par poster interposé. Oui, Sam parle aux posters. Et le poster lui répond. A quinze ans, on se fout des études et on se concentre sur les filles. Sam rencontre Alicia, une nana plutôt mignonne, qui vient de larguer son mec pour cause de mésentente sur la question du sexe : il voulait, pas elle. Sam la drague un peu, l’embrasse au bout de quelques heures, et oh surprise, couche avec elle le premier soir. Ce qu’elle avait refusé à son homme d’hier, elle l’offre sans frémir à son homme d’aujourd’hui. Pas bête, Sam se dit alors qu’il est vulgairement utilisé pour rendre jaloux son précédent. Il n’a pas tort : il est utilisé. Mais quelques mois plus tard, il comprend pour quelle raison exactement : Alicia est enceinte.

Pourquoi Slam est un livre génial ? D’abord parce qu’il raconte une génération. Quand, dans cent ans, on voudra savoir à quoi ressemblaient les jeunes du début du 21siècle, les professeurs de littératures occidentaux pourront se référer à l’ouvrage de Nick Hornby. Outre l’histoire, qui sans être originale, est malgré tout pleine de rebondissements et de petits détails qui donnent envie de voir la suite, c’est avant tout le style « ado » qu’utilise Hornby qui est fascinant par son exactitude et son humour. On a vraiment l’impression qu’il s’agit d’un adolescent maladroit, pas sûr de lui, rêveur, qui a écrit ce livre, sans pour autant que la qualité de l’écriture en soit éprouvée. Une fois de plus, Nick Hornby prouve qu’il fait partie des plus grands auteurs de son temps.

 


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