Il est des hommes dont on vit dans l’ombre sans qu’ils le sachent, des gens à qui on voudrait ressembler ou qu’on
aimerait compter parmi ses vrais amis Facebook.
Des écrivains à qui on écrirait bien si on n’avait pas honte de ses propres mots.
Des gars qui secondent nos pas et nos pensées, mettant leur verbe châtié sur des sentiments que l’on n’imaginait pas partager.
Des auteurs dont on aurait pu écrire les livres si on avait eu leur talent.
Frédéric Beigbeder fait partie du Hall of Fame des personnalités dont j’aime lire la prose. Pour le paraphraser, ce ne sont pas les histoires racontées dans les livres qui comptent, ce sont ceux
qui les écrivent. Voilà un quarantenaire dont on pensait tout savoir de la vie, de ses extravagances, de son arrogance parisienne, de ses libertinages, de sa vie privée. A peine caché derrière des
personnages aux prénoms aussi communs que le sien (Marc, Octave), il pailletait ses pages de drogue, de putes et de romantisme pour combler le vide d’un quotidien lourd, solitaire, alcoolisé. Ces
passages de plus en plus nombreux de la chronique littéraire de Voici à ces pages faits divers ne faisaient qu’amplifier le sentiment d’avoir affaire à un people des lettres, digne successeur, s’il
vivait assez longtemps pour ça, du subtil Jean d’Ormesson.
Dernier fait divers en date : cette arrestation mouvementée en pleine nuit pour sniffage de coke sur le capot d’une Bentley. Ca sentait le sapin, quand les histoires réelles deviennent plus
glauques et surréalistes que celles des romans. Et puis, plutôt que de subir le tapage médiatique, les jugements moraux, les paparazzis et les silences encombrants, FB a choisi de tirer de cette
nuit en enfer un roman. Un roman français.
A ceux qui aimaient lire Beigbeder pour sa prose légère, ses histoires de cul, ses accès privés à des milieux malsains, ses affaires de fric, ses jeux de mots limite, ses références faciles. Lisez
un roman français. A ceux qui n’aimaient pas Beigbeder pour les mêmes raisons. Lisez un roman français. A ceux qui disent préférer Houellebecq. A ceux qui n’aiment pas le personnage. A ceux qui ne
veulent pas tromper Amélie Notthomb. A ceux qui l’achètent mais n’osent pas en parler à leurs amis. A ceux qui le lisent depuis toujours. Lisez un roman français.
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Mais bon je vais essayer d'oublier tout ça, faire confiance à l'auteur de cet article et me lancer ;)
Je n'ai pas lu son dernier roman, et je ne sais pas si je le lirai à l'avenir. Cependant, je trouve cet auteur intéressant, aussi bien par ces écrits que pas sa personnalité complexe. J'ai visionné récemment une interview que ce dernier a accordé sur le web sur son roman, dont je ne sais plus quel est le titre qui narrait l'aventure d'un chasseur de mannequins. Je dois dire que j'ai été surpris par l'ambigüité des réponses de l'auteur aux questions du journalite. J'avais le sentiment que l'auteurrépondait sans cesse avec un mélange de second degr, de maensonge et de sincérité. Il donne l'impression d'être complètement paumé tout en maîtrisant parfaitement le cours de l'interview. Mais il est un fait qui ne trompe pas, cet écrivain entretien le paradoxe entre une sous estimation de lui-même et une haute opinion de sa personne. Une personnalité touchante et compliquée dont on comprend pourquoi elle suscite autant de débats, de mépris, et d'admiration. En espérant que mon cerveau ne sois pas trop creux pour votre blog.
En toute sympathie,
Patrick