
Le temps d’une centaine de pages, Yann Moix s’est mis dans la peau du King of Pop. Tout a commencé par un article, brillant, publié dans le Figaro, qui sans doute
lui a valu son pesant de critiques dithyrambiques (link).
L’homme à l'envers, quelle merveilleuse théorie pour expliquer la vie de MJ : quand il était jeune, il était déjà vieux ; ultra-célèbre, il voulait passer inaperçu ; noir dans un monde de blanc, il
cherchait à devenir invisible. Donc blanc.
Yann Moix part de cet article et étire sa théorie, étale sa connaissance du personnage et de son mythe, jusqu’à en paraître suspect.
Voilà un écrivain qui, surfant sur la vague, ou plutôt le Tsunami compassionnel qu’a provoquée la mort de l’artiste, lui tresse des lauriers que personne n’osait évoquer quelques jours auparavant,
de peur de se faire arrêter pour complicité de pédophilie. Maintenant que la star est enterrée au Panthéon des idoles intouchables, on peut se permettre d’en dire du bien. De faire des films, des
émissions de télévision, des CD, des produits dérivés. Des livres.
Pour autant, à la lecture de ces 50 ans dans la peau de MJ, il est difficile de taxer Yann Moix d’opportunisme. Il l’aime, son zèbre. Il le connaît sur le bout des doigts, il en est presque
touchant.
50 ans dans la peau de MJ est mieux qu’une biographie pompeuse et impersonnelle de l’artiste. On y apprend des anecdotes attendrissantes, éclairantes, qui finalement humanisent le personnage et lui
rendent le talent et l’intelligence que les suspicions de pédophilie lui avaient ôtées.
Ajoutez à cela la touche de Yann Moix, jamais le dernier pour les envolées lyriques intellectualisées, et voici un livre juste, sincère. A lire en écoutant
Dangerous.
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