Temps de cerveau disponible

Avant, il y avait les 7 d’or. Certes, personne ne regardait cette émission has-been qui faisait passer l’Eurovision pour un programme de Canal +, mais quelque part, on était rassuré de savoir que la profession s’auto-congratulait dans son coin et qu’à l’instar de la musique, du cinéma ou de la pornographie, la télévision était considérée comme un vivier de talent à part entière. Et puis, les 7 d’or ont disparu. Finies les polémiques sur les trophées de Pernault, le difficile partage entre TF1 et France Télévisions, les soupçons de trucage, etc.

 

Aujourd’hui, il y a les Gérard qui, dans le même anonymat que feu les 7 d’or, décernent chaque année des briques à des animateurs et des émissions en voie de disparition, dans des rubriques censées être drôles, mais non.

 

Conclusion : en 2010, aucun trophée pour récompenser l’originalité et la qualité de programmes comme « En terre inconnue » ou « Panique dans l’oreillette ». Pas de bibelot doré pour les qualités d’animateur de Nagui ou pour la carrière de Denisot. Pas de « meilleur espoir » pour le petit journal de Yann Barthès et pas de bataille rangée entre « L’objet du scandale » et « Ce soir ou jamais » pour le titre de meilleure émission culturelle.

 

Mon année passée dans le merveilleux (sic) monde de la publicité, dont je parlerai peut-être un jour ici, m’aura au moins appris ceci : la créativité ne se nourrit pas d’idées mais de trophées. Dans leur grande hypocrisie et sans doute leur aveuglement, les créatifs qui croient faire du cinéma en vendant des lessives et des forfaits téléphoniques, se gaussent de références artistiques et crachent dans la soupe cathodique qui pourtant les nourrit. La télévision, de ce que j’en sais, n’a pas cette prétention. Mais les chaînes et les producteurs qui se creusent la tête pour divertir la ménagère de moins de cinquante ans seraient certainement sensibles à d’autres récompenses que celle des audience. Une carotte qui les pousserait à plus d’originalité et moins de reprises de vieux tubes des années 80 (merci Gérard Louvin). Une belle soirée, avec smoking et robes de grands couturiers, au cours de laquelle les téléspectateurs pourraient récompenser leurs émissions et animateurs préférés. Pour Nikos, tapez 1.
Jeu 7 jan 2010 1 commentaire
c'est clair ca manque, une autre émission du passé pourrait ressurgir grâce à une toute jeune boîte de prod?
cél - le 07/01/2010 à 17h08